Les articles du samedi | Les bases de la photographie

La semaine dernière, je vous expliquais comment améliorer vos photos en 4 clics mais j’ai réalisé qu’il aurait peut-être fallu commencer par les bases de la photographie que certaines d’entre vous n’ont peut-être pas encore découvertes ! Alors allons-y !

Une phrase que j’entends souvent me fait toujours rire : « Avec le super appareil photo que vous avez, vous devez forcément faire des photos magnifiques !!! ».

Oui, j’avoue, avoir un Reflex Numérique permet de jouer sur des réglages plus fins, sur la profondeur de champ, sur le choix des optiques… mais si vous ne comprenez pas ce qui se passe dans cette petite boîte magique et que vous restez en mode Automatique, vous pouvez avoir le Reflex le plus cher du monde, vous n’obtiendrez que des photos plates, sans créativité.

Un appareil photo est une boîte étanche à la lumière munie d’un objectif d’un côté et d’une surface sensible (film ou capteur) de l’autre : c’est ce processus que l’on appelle l’Exposition et qui est à la base de toutes les photographies, qu’elles soient prises par un Compact, un appareil jetable, votre bon vieux Reflex Argentique, votre Bridge ou votre Reflex Numérique.

Le Triangle Photographique

Depuis l’invention de la Photographie, l’Exposition est la combinaison de 3 facteurs immuables :

l’Ouverture du Diaphragme : le débit de lumière qui entre par l’objectif

la Vitesse d’Obturation : le temps d’exposition à cette lumière

l’ISO : la sensibilité à la lumière du film ou du capteur

L’ouverture du Diaphragme

Tel un robinet, le Diaphragme permet de déterminer le débit de lumière qui entre par l’objectif et atteint la surface sensible.

Elle est représentée par un chiffre précédé de « f/ » (ex: f/4 ou f/11).

Il est important de toujours se rappeler que le chiffre est inversement proportionnel à l’ouverture : plus le nombre est petit, plus l’objectif est ouvert et, inversement, plus le nombre est élevé, plus l’objectif est fermé. Ce n’est pas toujours évident, mais à la longue, cela devient un automatisme.

En passant de f/4 à f/5,6, la quantité de lumière entrant par l’objectif est divisée par 2 et dans l’autre sens, en passant de f/11 à f/8, on double la quantité de lumière.

La Vitesse d’Obturation

La Vitesse d’Obturation détermine la durée pendant laquelle une certaine quantité de lumière (déterminée par l’Ouverture du Diaphragme) va venir impressionner le film ou le capteur.

Là encore, le fait de passer à la vitesse supérieure ou inférieure divise ou multiplie par 2 la quantité de lumière.

En réglant votre Vitesse d’Obturation sur 1/500, il s’agit en fait de 1/500ème de seconde.

On dit « qu’un Diaphragme vaut une Vitesse ».

Ainsi, si vous souhaitez garder une grande Ouverture (ex: f/4 afin d’avoir une petite profondeur de champ et ainsi créer une arrière-plan flou) mais que vous n’avez pas la bonne exposition, il vous suffit d’augmenter votre Vitesse d’Obturation sans avoir à modifier votre Ouverture.

Attention, il convient toutefois de préciser qu’une photo prise à des vitesses lentes (inférieures à 1/60ème de seconde) sans trépied risque de présenter des flous dit « de bouger » car le moindre mouvement de votre main, le simple fait d’appuyer sur le déclencheur, sera ressenti par l’appareil.

L’ISO

Le troisième côté de notre Triangle Photographique est la sensibilité ISO.

Que vous travailliez en Argentique ou en Numérique, la sensibilité ISO choisie aura une incidence directe sur les combinaisons Ouverture de Diaphragme / Vitesse d’Obturation que vous choisirez.

Plus le chiffre ISO est élevé et plus la sensibilité à la lumière est grande.

Ainsi, en passant de 100 à 200 ISO, on divise par 2 le temps d’exposition et comme une Vitesse vaut un Diaphragme, en passant de 100 à 200 ISO, on gagne donc 1 Ouverture de Diaphragme.

En résumé, le doublement de l’indice ISO entraînera le gain d’1 Diaphragme complet et ainsi, l’augmentation de l’indice ISO vous permettra de prendre des photos en faible lumière sans avoir recours au Flash qui dénature bien souvent les couleurs.

Attention, Un grand Indice ISO (800 ou 1200) génère du « bruit » (c’est à dire de la poussière ou du grain) sur vos photos et il vous faudra bien souvent utiliser un Noiseware, logiciel qui permet de retirer cette poussière.

Comment savoir si votre Exposition est bonne ?

Grâce à la Cellule : sur les appareils photo (argentiques ou numériques), une cellule ou posemètre est intégrée et vous permet de savoir si votre Exposition est bonne.

Que ce soit dans l’oeilleton ou sur l’écran lcd, la cellule est représentée par les symboles ci-dessous :

Capture d’écran 2013-11-03 à 14.41.18

Maintenant que le fonctionnement de votre appareil n’a plus de secret pour vous, reste une question qui a son importance :

Quels réglages utiliser selon le type de photo voulu ?

Que voulez-vous raconter au travers votre photo ? Prendre un paysage, un portrait, figer un mouvement ou au contraire donner un effet filé ? Je vais essayer de vous expliquer sur quels réglages jouer afin d’obtenir ce que l’on appelle une Exposition Créative.

Votre appareil (Bridge ou Reflex) vous offre un mode totalement manuel (M) ou 2 modes semi-automatiques : TV (Time Value : Priorité Vitesse) et AV (Aperture Value : Priorité Ouverture).

En Priorité Ouverture (AV)

Photographie Narrative ou Descriptive :

Pour prendre un superbe paysage, par exemple, vous avez besoin d’une très grande Profondeur de Champ afin de voir net tout ce qui est dans le champ de vision, de 0 à l’infini.

Pour cela, vous aurez besoin d’une faible Ouverture de Diaphragme : f/16 – f/22 – f/32.

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Canon Eos 400D – Canon 50 mm f/1,4USM – f/22 – 1/30ème – ISO 100

Photographie Sélective ou à sujet unique :

Pour ce type de photographie, bien souvent des portraits, vous avez besoin d’isoler le sujet principal de l’arrière-plan. L’arrière-plan devra être flou alors que votre sujet sera net. Cela permet aussi souvent de pouvoir éliminer un arrière-plan pas toujours très beau.

Dans ce cas, vous aurez besoin d’une petite Profondeur de Champ et donc d’une grande Ouverture de Diaphragme : f/2,8 – f/4 – f/5,6.

Fleurs bretonnes

 

Canon Eos 400D – Canon 50 mm f/1,4USM – f/1,4 – 1/4000ème – ISO 100

Diaphragme passe-partout :

Lorsque vous souhaitez prendre une photo où tous les sujets sont à la même distance ou faire un gros-plan sans que l’arrière-plan soit visible, la Profondeur de Champ importe peu.

Alors pour avoir un meilleur contraste et un meilleur piqué, il vous suffit d’utiliser les Ouverture de Diaphragme passe-partout : f/11 ou f/8.

En Priorité Vitesse (TV)

Mouvement figé :

Pour photographier un enfant qui fait du vélo, un véli-planchiste en plein action, il vous faudra figer le mouvement à un instant précis.

Vous aurez donc besoin d’une Vitesse d’Obturation élevée : 1/500 ème – 1/1000 ème et plus.

Sur cette photo, je voulais capturer ces queues de souris alors que le vent les faisait bouger, je suis donc passée en Priorité Vitesse afin de régler une vitesse élevée, tout en conservant une ouverture minimum pour conserver une maximum de bokeh (flou d’arrière-plan) :

Herbes bretonnes

 

Canon Eos 400D – Canon 50 mm f/1,4USM – f/1,4 – 1/4000ème – ISO 100

Mouvement filé :

Cette autre technique consiste à suivre dans l’objectif le sujet en mouvement, on dit aussi « panoramiquer », si possible parallèlement et à la même vitesse que le sujet.

Pour cette technique du filé, il vous faudra utiliser des Vitesses d’Obturation lentes : du 1/60 ème au 1/8 ème par exemple.

Mouvement suggéré :

Suggérer le mouvement, c’est positionner l’appareil sur un support fixe (souvent un trépied) et photographier des objets en mouvement. Ceux-ci apparaîtront flous alors que tout ce qui sera fixe sera net. C’est une technique idéale pour prendre des cascades, des ruisseaux ou encore des vagues déferlant sur des rochers.

Pour cela, les Vitesses d’Obturation devront être très lentes : ¼ ème – ½ ème – 1 s et moins.

Et voilà !

Avec ces quelques principes de base, vous serez désormais à même de passer du mode Automatique aux modes semi-automatiques (TV et AV) et pourquoi pas, à force de pratique, passer au mode totalement Manuel et avoir ainsi la satisfaction d’utiliser pleinement les capacités offertes par votre appareil photo.

Si vous souhaitez aller plus loin encore, je vous conseille l’ouvrage qui a servi de base à cet article : il s’agit de « Pratique de l’exposition en photographie » par Bryan Peterson aux Editions VM (Groupe Eyrolles).

Pratique de l'Exposition en Photographie

Après le succès de la première parution, une nouvelle édition est parue en 2007. Il est particulièrement clair et bien écrit, illustré de nombreux exemples et les photos sont magnifiques.

Je vous souhaite à tous et à toutes de très belles photos et surtout de prendre plaisir à découvrir votre appareil photo.